Un jour de marée basse à Guéthary


Dans le cadre de la Journée de la Mer, les Labos ont décidés d’organiser une sortie découverte de l’estran (zone de balancement des marées). En effet nous fréquentons beaucoup ce milieu sans trop le connaitre. Hier , vous nous avez peut-être vu profiter de la marée basse (coefficient 92) pour nous rendre sur la plage des Alcyons à Guéthary.

algue

L’algue Rouge de la Côte Basque

A la découverte du littoral basque

Sur place, nous avons abordé un peu tout ce qui caractérise ce milieu, en commençant par le fonctionnement des marées. La lune et le soleil exercent une attraction gravitationnelle sur les océans, qui se déforment en fonction. Combiné avec la rotation terrestre, cela donne les cycles de marées. Selon la période du mois et de l’année, les forces vont s’additionner et s’annuler, donnant des variations dans leur ampleur. Les variations de hauteur sont indiquées par leur ‘coefficient’ en France (ce système ne s’utilise qu’ici !).

Une faune et flore diverse

Sous l’irrésistible pouvoir de la Lune et du Soleil, la mer s’est retirée pour nous offrir un aperçu de ses habitants. Les campagnes d’inventaire scientifique ont recensé presque 200 espèces dans ce même endroit, ce qui promet une belle découverte. En essayant de se mouiller le moins possible sur les rochers glissants, on a tout d’abord rencontré des crabes et patelles (chapeaux chinois). Un peu plus bas, les gibbules, petits escargots de mer pullulaient sur les cailloux. Un bon signe car cette espèce est un indicateur de bon état écologique, son absence signalant une pollution. En regardant de plus près, quelques un il s’agissait en fait de petits bernard-l’ermite (paguridés).

Plus on s’approchait des derniers rochers découverts, plus on trouve de la vie. Dans une grande cuvette, une poulpe a même sorti ses yeux de l’eau pour nous regarder, il était surement heureux de trouver les crabes qu’on avait effrayés. Un autre type de mollusque, un gastéropode cette fois-ci, la pourpre y était également. Celle-ci secrète un mucus incolore qui au contact de la lumière du jour vire à une violette, et qui valait une fortune à l’époque romaine.

poulpe

Un pouple aux Alcyons

Des anémones, notamment l’anémone verte  Anemonia viridis étaient aussi dissimilés parmi les rochers. Ce cnidaire, tout comme son cousin des tropiques le polype de corail contient des microalgues symbiotiques dans leur peau (d’où la couleur verte). Ces microalgues vont échanger des nutriments qu’elle fabriquent par photosynthèse avec leur hôte, en échange d’un milieu de vie stable. Les bouts violettes temoignent de la présence de la protéine GFP, qui a un role dans la protection de l’animale contre les effets néfastes des UV.

En soulevant de rochers manière très attentive, on a pu également voir des échinodermes tel que des holothuries (concombres de mer), oursins et ophiures (comme une étoile de mer). Ces animaux ont des caractéristiques différents et uniques, par exemple des yeux primitifs des ophiures et les tubules des oursins. Une fois l’observation complètes, les animaux ont été réinstallés dans leurs positions initiales et leurs auberges remis en place.

mer etoile

Colin tient une étoile de mer

Les algues dans toutes leurs différentes formes y sont également très présentes. Ainsi, on a pu décrire l’origine de leurs couleurs, leurs usages et particularités, avec l’illustration en main. Il n’y a pas de macroalgue toxique en France ni en Europe, bien que certains puissent accumuler des métaux lourds.

Une fois rentrés, on a pu profiter de l’endroit en dégustant café et petit-déjeuner, et échanger autour de ce qu’on a vu. Tout le monde avait le regard un peu changé sur le milieu, qui mérite sa protection au sein de la zone Natura 2000 de la Côte Basque.

petit déj bio

Petit déjeuner Bio face aux Alcyons

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